Salomé Saqué fait partie de la génération des jeunes journalistes engagés pour le climat, dans la mouvance par exemple de Thomas Wagner, fondateur de Bon Pote. Directrice de la rubrique économie du média Blast et chroniqueuse, elle poursuit en parallèle un travail plus personnel. Son livre « Sois jeune et tais-toi - Réponse à ceux qui critiquent la jeunesse ? » dénonce les idées reçues sur la jeunesse. Il n’est pas son livre le plus récent – depuis, a paru « Résister » -, mais il continue à marquer le débat.
Pourquoi ce livre est important ?
Parce qu’il met en lumière les défis spécifiques auxquels la jeunesse fait face aujourd’hui, notamment sur les plans écologique, social et démocratique. En s’appuyant sur des enquêtes et des témoignages, le livre propose une réflexion sur la nécessité d’un dialogue intergénérationnel, et appelle à reconnaître la légitimité des jeunes à participer pleinement aux grandes décisions collectives. Parce que l’écriture factuelle est adossée à de solides références scientifiques qui viennent battre en brèche le procès en individualisme ou en « désinvestissement civique » des plus jeunes. Ce positionnement en fait un ouvrage clé pour renouveler la discussion autour des responsabilités, des droits et de l’engagement des nouvelles générations dans la société contemporaine.
Les messages du livre
Salomé Saqué montre combien « les jeunes » – c’est-à-dire, au sens de l’INSEE, les personnes qui ont entre 18 et 29 ans – sont l’objet d’attaques aussi acerbes qu’injustes. Ils sont accablés de tous les torts, y compris les plus contradictoires : trop mous et trop radicaux, trop pessimistes et trop désinvoltes, trop puritains et trop woke. Autant de critiques qui conduisent, selon l’autrice, à « voir dans les générations Y et Z un gang d’égoïstes dénué de toute conscience politique et insensible aux biens commun ». A contrario, Salomé Saqué montre que rarement dans l’histoire, une génération n’aura été confrontée à autant de défis imbriqués et complexes : climatiques, géopolitiques, démocratiques. Pas étonnant dans ce contexte que la jeunesse soit soumise à des difficultés inédites et à des injonctions contradictoires qu’en aucun cas elle ne pourra résoudre seule : éco-anxiété, « mythe de l’argent facile à portée de clic », « mutation anxiogène de l’information. » L’état du monde est un sujet à traiter en commun, et le bashing anti-jeunes n’est rien d’autre pour ses auteurs qu’un refus de prendre ses propres responsabilités.
Génération perdue… et depuis longtemps
En préambule, Salomé Saqué rappelle que c’est le propre de la jeunesse que de subir l’opprobre des plus vieux. Elle cite Hésiode, le poète grec qui en 720 avant J.-C. écrivait : « je n’ai plus aucun espoir pour l’avenir de notre pays. Si la jeunesse d’aujourd’hui prend le commandement demain, parce que cette jeunesse est insupportable, sans retenue, simplement terrible »….
La suite de l’article écrit par Emmanuelle Durand-Rodriguez – Telmi Studio est à lire sur le site d’Eurécia Média